Galerie Belem

 

Barbara Navi

Barbara Navi, née en 1970, vit et travaille à Paris. Après une formation de design à l’école Boulle, puis des études de philosophie, elle se consacre à la peinture à partir des années 2000.
Le titre de l’exposition, Extime, se réfère à l’effort par lequel l’artiste s’investit dans le territoire de l’étrange familier où personnes et objets deviennent des pôles d’attraction et de fascination. Une écriture du dehors qui la pousse à se laisser saisir par le monde alentour, puis à le réinventer.

Là où l’intime est censé constituer l’essence d’un être, ces limbes de l’inconscient marquées du sceau du secret, l’extime, quant à lui, part à l’assaut de ce monde caché. L’un rejoint un espace centré sur l'aveu et la confession, l’autre, un mouvement centrifuge de découvertes et de conquêtes.

« Dans ma peinture le parti pris de l’ombre, la disproportion des objets, la fragmentation et la dilution des formes expriment le discordant, le grain défectueux du réel, la morsure de l’étrange. Tout cela me fait penser à cette idée d’extime. En explorant les archives familiales, les photos, les films, les récits collectés ça et là, j’ai découvert que l’intime était en fait investi par les autres, que ces êtres attirants n’étaient pas nécessairement des fantômes familiaux et qu’il me fallait faire en peinture une sorte de « journal extime », à la manière de Michel Tournier pour aller à leur découverte et essayer de les appréhender. »

Dans cette capture, des blancs phosphorescents, de sombres ciels minéraux, comme chez Le Greco, illuminent l’inquiétante étrangeté chère à Freud. Antichambres, eaux troubles, paysages à la dérive, incendies, jeux d’enfants, à travers lesquels des linéaments disparates d’évènements se rejoignent pour former un indécis récit.

Dans la résonance d’une apnée fantomatique, Barbara invoque à son tour les esprits de nos propres mémoires.

 

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